Le critère de Popper


Chers tous, aujourd’hui post de rentrée sur le critère de Popper!

L’objectif est de vous introduire en quelques mots au concept de ce critère, et de vous en montrer deux ou trois exemples d’utilisation.
Ce critère, formulé par Karl Popper dans les années 1930 est une méthode pour déterminer si une théorie peut être considérée comme scientifique, ou non. Commençons par un point de vocabulaire : une théorie est dite réfutable si on dispose des moyens de prouver qu’elle est fausse.
Exemple : je suppose que tous les vins produits dans la région de Saumur sont bons. Cette théorie est réfutable, car il suffit que l’on me présentât un vin de Saumur qui ne soit pas bon pour montrer que cette théorie est fausse.

Maintenant, en sciences, si on cherche la vérité, on ne prétend pas la détenir. Une théorie scientifique est considérée comme « vraie », tant que personne n’a montré qu’elle était fausse. Et c’est à cause de cela qu’on peut se servir du critère de Popper afin de déterminer si une théorie est scientifique ou non.

Applications!
L’application que je vous propose fera certainement bondir certains d’entre vous, mais c’est une des plus connues. Elle consiste à montrer que la psychologie n’est pas une science (au sens de la réfutabilité).
En effet, la psychologie repose sur l’existence de l’inconscient. Supposons maintenant que je joue l’empêcheur de tourner en rond, et que je me demande si l’inconscient existe bien.
Il y a deux issues possibles :
– j’accepte que l’inconscient existe, fin de la question.
– ou non, j’ai encore des doutes. Mais l’inconscient par essence est inconscient (si si, j’vous jure). Et je ne peux donc pas en être conscient. Donc je n’aurai jamais à ma disposition les moyens de prouver qu’il n’existe pas, car jamais je ne pourrai être conscient de son existence.

Ce critère me paraît à titre personnel très pratique, car il permet de détecter des pièges de la raison. Du genre : « tu mens! » « non! », car soit j’avoue, soit je persiste, et dans tous les cas je suis coupable; ou la théorie du complot qui par essence doit être caché. Si je dis que le complot n’existe pas, soit je suis de bonne foi et c’est qu’il est bien caché, soit c’est que je suis dedans (gnark gnark gnark), et en aucun cas je ne peux montrer qu’il n’existe pas…

Voilà, c’est tout, pour le moment!

Illustration

Concours Rotary/CGE – Du fondement d’une éthique professionnelle

J’ai récemment participé au concours d’éthique professionnelle organisé par le Rotary et la CGE. Voici l’essai qui m’a permis de remporter la troisième place dans le district de Grenoble.

Vous pouvez me contacter par mail à andre @ andrebenoit.com si vous souhaitez en obtenir une version imprimable.

Creative Commons License
Du fondement d’une éthique professionnelle by André BENOIT est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l’Identique 2.0 France.

Voici l’intégralité de l’essai.

Références
Critique de la raison pratique, Emmanuel KANT
Philosophie du temps présent, Luc FERRY
philosophie portant sur le monde de la technique vue par Martin HEIDEGGER
Conférence : Le capitalisme est-il moral?, André COMTE-SPONVILLE
Evangile selon Matthieu, 25, 14-30, «parabole des talents»
Critère des quatre questions du Rotary International

Préambule

Avant d’introduire mon propos, je souhaite vous dire quelques mots sur la philosophie, qui sera mon outil principal ici. La philosophie, ce n’est pas l’art de couper les cheveux en quatre sur une série de notions. Elle a une portée beaucoup plus pratique. C’est étudier le monde dans lequel on vit (théorie), ce qu’il est bon d’y faire (éthique), et dans beaucoup de systèmes apparaît une dimension ultime, la question de la vie bonne, du sens de la vie. Pour moi, et c’est la raison de cet avant-propos, philosopher, c’est penser en ayant la tête dans les étoiles et les pieds sur terre.
Parlons à présent du domaine qui nous occupe aujourd’hui, l’éthique professionnelle. C’est un sujet de plus en plus fréquent dans les médias, dans les conversations. Je pense qu’on doit pouvoir faire remonter la discipline à la première révolution industrielle dans ses premières formes, mais c’est surtout dans ces dernières dizaines d’années que ce sujet a pris toute son importance. Et encore plus depuis la crise des subprimes, où beaucoup de questions éthiques se posent concernant l’industrie de la finance, et par ramification et propagation, dans tous les autres secteurs.
De manière très terre à terre, on ne peut que constater l’attente qui existe dans ce domaine. Mais quelque chose que j’ai vu — ou plutôt que je n’ai pas vu — m’a intrigué et a orienté le choix de mon sujet ici. Dans tous les articles que j’ai pu lire à ce propos, la littérature que j’ai trouvée, les reportages que j’ai regardés, la question est toujours proche de quelle éthique choisir. On cherche à fonder (ou découvrir) une éthique en s’intéressant soit à sa finalité (son utilité), soit en en constatant le manque. Ce qui me frappe, c’est de ne pas avoir trouvé d’étude sur la possibilité même de fonder une éthique professionnelle. Pour parler en termes mathématiques, je n’ai pas vu de preuve de l’existence. C’est donc ce que je me propose de faire ici, étudier la possibilité du fondement d’une éthique professionnelle, voir si cette quête n’est pas vaine.
Que cela ne vous inquiète pas non plus, je vous annonce dès à présent (tant pis pour le suspens!) que je vais tenter de montrer le bien-fondé d’une telle éthique. Mais comme je l’ai dit en préambule, pour moi la philosophie est une discipline expérimentale, et je proposerai donc une ébauche tout au plus, ou au moins des pistes pour une telle éthique. Voilà donc l’essence de ce que sera ce propos.
D’abord, nous allons faire le point sur ce qui existe, un state of the art. Ici encore, je vous annonce d’entrée de jeu qu’il y aura là beaucoup de déconstruction. Ensuite, et ce sera le coeur du propos, je vais tenter de mettre en lumière le bien-fondé (c’est à dire la possibilité d’existence) d’une éthique professionnelle. Enfin, pour voir en pratique à quoi tout cela mène, je proposerai une ébauche de cette éthique.
Deux points encore avant que nous ne commencions. Comme présenté dans la bibliographie, je ferai référence à la pensée de Heidegger. Connaissant son implication dans le nazisme, il est bon d’écarter toute possibilité de mal-entendu. Sa pensée sur l’oubli de l’étant est fulgurante, précise, innovante. Mais il a fait le pire choix d’utilisation possible de sa pensée, en s’impliquant avec conviction dans le national-socialisme. Ici il sera donc question d’éléments de la pensée, détachés des choix qu’il a fait par la suite dans sa vie.
Dernier point avant de commencer. Tout mon propos constituera en une grande prise de position. Je vais donc tenter de construire un raisonnement et de vous convaincre de sa pertinence par mes arguments. Mais sachez que même si ma plume s’emporte, je fais ceci avec toute l’humilité qui s’impose à un étudiant lorsqu’il parle du monde professionnel.

Ethique professionnelle et esprit du temps présent

L’éthique professionnelle est un thème que l’on retrouve ouvertement ou en filigrane dans beaucoup de sujets ces dernières dizaines d’années. Mais la crise des subprimes marque une rupture. On veut «refonder le capitalisme», introduire «de la morale dans les affaires». Les pratiques des marchés financiers sont la cible de beaucoup de questions. Par propagation, on s’interroge aussi chez les constructeurs automobiles, chez les opérateurs téléphoniques (plus durement). La question de l’éthique professionnelle est sur le devant de la scène, en partant de l’industrie de la finance. Cela ne me surprend pas. Nous vivons dans le monde de la technique décrit par Heidegger. Nous avons déconstruit les valeurs morales, l’idée même de morale. Il n’y a pas de projet de civilisation, nous avançons par augmentation des moyens. Lors de la première révolution industrielle, le progrès cherchait à libérer l’Homme des contraintes et visait à la recherche d’un bonheur universel. Maintenant, il n’y a plus de «progrès», les techniques s’améliorent en quelque sorte pour elles-mêmes, la «direction» de cela étant finalement juste une augmentation de puissance. Ceci se voit très bien dans les marchés financiers, qui ne poursuivent pas de but, si ce n’est l’augmentation de leur propre efficacité. Avançant dans un tel contexte que l’on qualifiera de déconstruit, il n’est pas surprenant que ce secteur soit à l’origine de beaucoup d’interrogations morales.

Dans cet esprit du temps présent, une autre idée m’interpelle : les entreprises devraient être morales. Et pourquoi pas, aux yeux de la loi ce sont bien des personnes morales ! A mon avis, il s’agit là d’une manière d’éluder la question, de se décharger de sa responsabilité, et je vais vous dire pourquoi. La capacité à avoir un comportement moral est le propre de l’homme. Seul l’homme possède un degré de conscience tel qu’il puisse prendre du recul sur lui-même, au point d’aller contre sa tendance, et agir de manière désintéressée. Les critères moraux n’ont de sens qu’appliqués à l’homme. Quand un chat tue une souris, commet-il une faute morale? Non, cette question n’a pas de sens, le chat n’appartient pas à la sphère morale. L’entreprise en tant qu’entité n’a pas non plus cette conscience, et est mue par nécessité compétitive. Certes on voit du commerce «éthiquable» (sic), du marketing éthique, mais je doute que ce comportement soit désintéressé. Aussi, et comme le montre André Comte-Sponville, l’entreprise (au sens capitaliste) n’appartient pas à la sphère morale. Et il est vain de vouloir moraliser le comportement de l’entité entreprise, cette assertion n’a juste pas de sens.

Ces deux premiers points, le constat d’un manque, et une tentative d’ébauche (même intrinsèquement vouée à l’échec) mettent en exergue la quête d’une éthique professionnelle. Nous avons déconstruit la morale, et vivons presque dans une société par delà le bien et le mal, c’est-à-dire en pratique une société où la puissance (i.e. les moyens) se cherche pour elle-même. Mais finalement cette tendance montre que la société, les hommes cherchent malgré tout un ‘code’ moral… Par ailleurs il me semble utile de noter un dernier point, avant de passer à des considérations plus fondamentales. Le travail, en tant que tel, est déjà une activité moralement valorisante! Dans la Bible, on pensera à la parabole des talents, où les deux ouvriers ayant travaillé, quelles que soient leurs positions, sont récompensés également. On retrouve ce principe dans la philosophie humaniste. Pensez par exemple, dans l’école républicaine, très emprunte de ce courant, à l’appréciation «peut mieux faire».

Notre vie professionnelle prendra une large part de notre vie. Il va donc falloir traiter cette question à bras le corps, ne pas l’éluder. «L’état de l’art» est fait, nous avons maintenant un sens du contexte. Passons à présent aux fondements de l’éthique professionnelle.

Fondement d’une éthique professionnelle

De manière générale qu’est-ce que l’éthique? En première approche, c’est une discipline où on cherche à distinguer ce qui est bien, de ce qui est mal. Certes. Mais c’est répondre un peu vite à la question. Dans les grands systèmes philosophiques, l’éthique se définit toujours comme une correspondance à une théorie. On commence par établir une théorie, qui consiste à établir une vision du monde, une manière de l’appréhender. Puis vient l’éthique, où le bien correspond à l’accord avec cette théorie. Je vais prendre deux exemples, le stoïcisme et l’humanisme. La théorie (majoritaire) grecque est de voir dans le monde un ordre. Le monde comporte intrinsèquement un ordre. Ce qui est bien et juste est donc de trouver sa place dans le monde et de s’y tenir. Cela justifie d’ailleurs la conception aristocratique de la société grecque, ou le fait qu’Ulysse passe dix ans de sa vie à essayer de rentrer chez lui. L’humanisme établit toute sa théorie à partir de l’humain, de l’universalité de ses concepts, et du principe de liberté. Ainsi, comme le dit l’adage, «ma liberté s’arrête là où commence celle de l’Autre», car oui, si on ne le fait pas, on porte atteinte à l’universalité de la liberté, et donc à l’humanité. Je le dis ici rapidement pour me faire comprendre, mais ce qu’il faut retenir de ce point est que l’éthique se pense comme correspondance à une théorie.

Il nous faut maintenant prendre le temps de définir sérieusement ce qu’on entend par éthique professionnelle. Je ne vous propose ce point que maintenant, car je voulais avoir défini l’éthique-correspondance. Comme vu dans la première partie, il existe une nette volonté d’avoir une éthique dans le monde de l’entreprise. Et nous avons vu aussi que des jugements moraux ne peuvent pas être appliqués à l’entreprise. Nous cherchons donc une sorte de code, une série d’impératifs qui pourraient régir notre comportement en entreprise, qui définiraient une conduite morale. Or ceci peut ne pas être évident. L’action morale a jusque là été définie comme étant l’action désintéressée, or si tous les membres d’une entreprise agissent de la sorte pour tout, on peut se douter que ladite entreprise ne ferait pas long feu. Cherchons nous donc un principe de non-intéressement? Ou d’authenticité? D’honnêteté? Un compromis de tout cela?

Souvenons-nous, l’éthique est toujours correspondance. Il nous faudrait donc une vision de l’entreprise, qui permettrait de définir le Bien-professionnel. Cependant, j’ai bien peur que cette réflexion soit menée avec des œillères. D’un point de vue purement logique ceci tient la route (enfin je crois), mais il n’y a pas un monde de l’entreprise d’un côté, et le monde restant de l’autre. J’ai bien peur que rechercher une éthique professionnelle ne soit que la partie émergée de l’iceberg, à savoir la quête morale contemporaine… 
 Ceci étant dit, tâchons de nous recadrer sur notre thème, la possibilité de fonder une éthique professionnelle. La réponse que nous pouvons entrevoir ici est que oui, il est bien possible de la fonder, dans la mesure où nous avons une appréhension du monde source d’éthique de manière générale, et donc professionnelle en particulier. Certes cette éthique sera certainement moins évidente à mettre en oeuvre, à cause du désintéressement notamment, mais il n’est pas vain de s’atteler à la tâche. Essayons-nous d’ailleurs à ébaucher ce qui pourrait constituer une telle base.

Esquisses d’une éthique professionnelle

Il faut donc que nous nous donnions un cadre où penser. C’est peut-être là que l’on prendra le plus de risques de se tromper. En suivant une certaine philosophie du temps présent, nous pourrions choisir un courant dit humaniste post-moderne. Humaniste car nous penserons à partir de l’Homme, post-moderne car nous garderons à l’esprit les critiques nietzschéennes du nihilisme (au sens philosophique), ainsi que l’éthique de l’authenticité.
Notre éthique sera donc humaniste. C’est à mon goût la plus belle, car elle porte en elle un projet civilisationnel. On pensera donc l’éthique à partir de l’Homme, avec des concepts qui nous sont familiers, comme l’adage sur la liberté que j’ai cité auparavant, la valorisation morale du travail en tant que tel. Il est à noter que cette morale n’est pas facile à suivre, et nécessite un effort. C’est pour cela que l’on enseigne la morale aux enfants : un jeune enfant n’a pas ou peu de valeurs morales. C’est par l’éducation des parents, et l’enseignement de l’école, qu’il devient une personne morale, après efforts. Cette morale s’exprime par des impératifs qu’il faut suivre, et on retrouve une forme de code auquel on s’attendait.
Notre éthique sera aussi post-moderne, au sens de l’authenticité. J’entends par là qu’il ne suffira pas de se conformer à des codes, mais vouloir toujours faire le meilleur, accomplir et s’accomplir pleinement — ce qu’on peut appeler justement la morale de l’authenticité.

Concrètement, il se trouve qu’il existe une série de principes largement répandue à travers le monde. Ce ‘code’, c’est le critère des quatre questions adopté par le Rotary en 1943, que chaque rotarien s’engage à respecter lors de son intronisation. Il est donc très à propos d’en parler dans le cadre de ce concours, le Rotary étant un lieu de réflexions sur l’éthique professionnelle!

« En regard de ce que nous pensons, disons, ou faisons :

Est-ce conforme à la vérité ?
Est-ce loyal de part et d’autre ?
Est-ce susceptible de stimuler la bonne volonté réciproque et de créer de meilleures relations amicales ?
Est-ce bénéfique à tous les intéressés ? »

Ces principes correspondent bien à la morale professionnelle dont j’ai tenté de montrer le bien-fondé. Ils sont profondément humanistes, car ils s’appliquent par l’Homme et pour l’Homme, acteur de sa vie (professionnelle). Ils mettent en avant la vérité (ou au moins sa recherche), la confiance, l’Autre, et le bénéfice mutuel. Il me semble que ces principes, simples et courts, résument assez bien ce que l’on est en droit d’attendre d’une conduite morale en entreprise. On pourrait même aller jusqu’à remarquer qu’ils peuvent s’étendre dans une certaine mesure au delà du simple monde professionnel, car comme dit plus haut, il n’y a pas de frontière tranchée entre le monde professionnel et la société en général.

Conclusion – Emergence d’une nouvelle éthique

Vient maintenant le moment de clore ce propos. J’en soulignerai quelques points. Nous avons d’abord vu que la demande pour une éthique professionnelle était réelle, mais que l’entité entreprise était intrinsèquement amorale. Cette éthique s’inscrit finalement dans une éthique plus générale, adapté à la vie professionnelle, et toujours définie par rapport à une vision spécifique du monde. Nous avons terminé en voyant comment esquisser une telle morale dans un cadre humaniste post-moderne, en utilisant le critère des quatre questions.
L’objectif de ce propos était pour le moins ambitieux : vouloir montrer le bien-fondé de l’éthique professionnelle, l’existence d’un sens à cette expression. En finalement peu de mots, j’ai essayé de lever le voile sur la notion d’éthique, appliquée à l’entreprise, dans le temps présent. Bien conscient de n’avoir fait qu’effleurer le sujet, j’espère vous avoir fait partager ma conviction à son propos.
La quête de l’éthique professionnelle n’est pas vaine. Cependant, bien que concernant un secteur d’application donnée, elle ne peut que s’inscrire dans le cadre d’une recherche plus vaste, pour définir une éthique de vie. L’éthique professionnelle n’est pas une éthique d’entreprise, c’est une éthique qu’appliquent les hommes dans leur vie professionnelle.
Nous avons vu au début de ce propos que la quête d’éthique est omniprésente, et on ne peut que constater que si nous avons déconstruit les valeurs morales au XXe siècle, jusqu’à l’idée même de morale, le besoin de morale, lui, existe toujours.

Crédits photographiques

Le rasoir d’Ockham

Bref article aujourd’hui sur le rasoir d’Ockham, ou principe de parcimonie. Il s’agit d’une règle s’appliquant aux raisonnements, qui s’énonce comme il suit :

Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité.

C’est un principe attribué au frère franciscain Guillaume d’Ockham (Angleterre, XIVe siècle), bien qu’il ait été énoncés sous différentes formes dès l’antiquité.

Ce principe revient à dire qu’il faut limiter le nombre des entités intervenant dans un raisonnement. En pratique, face à un problème donné, l’hypothèse la plus simple a de bonnes chances d’être correcte.

En mathématiques, on limitera le nombres d’hypothèses et de propriétés utilisées pour démontrer une assertion. Dans la vie de tous les jours, par exemple si on ne comprend pas le comportement de quelqu’un, l’hypothèse explicative la plus simple a de bonnes chances d’être juste (dans mes mots ça donnerait quelque chose comme « ne pas se prendre la tête »…).

Principe de parcimonie car on limite le nombre de notions mises en mouvement, ou rasoir d’Ockham car on « coupe » les entités superflues.

J’espère vous avoir éclairé sur principe de raisonnement, et qu’à l’occasion il puisse vous être utile !

Mise à jour:
J’ai récemment entendu une confusion à propos du rasoir d’Ockham : ce n’est pas le principe du moindre effort… Le rasoir d’Ockham est aussi connu sous le nom de principe de parcimonie, certes. Par là, on entend que si à un problème, plusieurs hypothèses sont présentées comme solutions, il est probable que la plus simple soit la bonne. L’idée est de ne pas se perdre en conjectures diverses et variées. Mais « la plus simple » ne veut pas dire « simple »… Et il ne s’agit que d’une première approche, un guide pour la réflexion — ce n’est en aucun cas recevable comme justification.

Crédits photographiques.

De la prise de risques

Je vous propose de prendre un instant aujourd’hui pour réfléchir à un sujet connexe à la prise de décision, j’entends la prise de risques.

Quitte à attaquer dans le vif du sujet, commençons par nous l’avouer, si nous sommes tous en théorie d’accord pour dire qu’il « faut savoir prendre des risques », quand le moment vient de se lancer… vous voyez ce que je veux dire.
D’autant plus que le temps présent nous incite à considérer la peur comme une vertu sage — on pensera notamment au sacro-saint principe de précaution (thème que j’ai déjà abordé ici).

Le risque, c’est une possibilité de futur qui ne nous est pas (a priori) favorable, et que l’on cherche à éviter. Ce point, ne devrait pas faire polémique.
« Prendre un risque« , c’est finalement une expression assez paradoxale. Le risque, c’est une occurence d’un futur que l’on ne connait pas par avance. Mais en même temps, ce risque, on le prend. Ce n’est pas on « l’accepte », ou on le « comprend ». Non, on le prend. C’est une action, une appropriation presque, une prise de contrôle en réalité.

Eviter à tout prix de prendre des risques me semble pouvoir s’interpréter comme une rationalisation à l’excès. C’est une sorte de tempérament casanier, où on cherche à rester dans l’acquis, dans ce qui est déjà, ne pouvant pas quantifier avec certitude le gain d’une action.

Tout à l’heure, j’ai parlé de prise de contrôle. Force est de constater qu’on ne contrôle pas l’avenir. Non, la prise de contrôle n’est pas sur l’avenir, mais sur le cours de sa propre vie. Si on ne prend aucun risque, on est finalement comme une voilier à la dérive, soumis aux flots environnants. Et il faut alors se rendre compte « que celui qui ne prend aucun risque, en réalité, les prend tous ». Il renonce au contrôle de son existence.

Prendre des risques nécessite du courage. C’est évident, mais c’est mieux une fois dit. Prendre des risques, ça veut aussi dire échouer. Souvent plus d’une fois. Mais aussi savoir persévérer. C’est un choix, le choix d’être fort, simplement parce qu’on le veut.

Mon propos étant finalement un plaidoyer en bonne et due forme pour la prise de risques, je laisse la parole à Rudyard Kipling pour terminer, maître de la mesure, pour prendre du recul :

« Il faut toujours prendre le maximum de risques avec le maximum de précautions. »

Crédits photographiques.

Comment l’entrepreneuriat satisfait les trois derniers besoins de Maslow, par Bastien Siebman

C’est avec grand plaisir que je reçois aujourd’hui Bastien Siebman sur ces carnets. Bastien est un ami, rencontré dans notre charmante filière Ensimag – systèmes embarqués. Ce qui me frappe le plus chez lui, c’est sa force de volonté marquée, ainsi que son pragmatisme toujours présent. Vous pourrez le retrouver sur siebmanb.com où il est l’auteur d’un blog sur l’entrepreneuriat, l’innovation et le web. Assez parlé, je lui laisse la parole !

Tous les élèves de Terminale qui ont suivi les cours de philosophie connaissent la pyramide des besoins de Maslow. Celle-ci représente les besoins de lʼêtre humain. Les besoins physiologiques (manger, dormir), les besoins de sécurité (santé, emploi), les besoins sociaux, le besoin dʼestime et enfin le besoin dʼaccomplissement personnel.

Au cours de mes réflexions sur lʼentrepreneuriat, je me suis rendu compte que cette démarche permettait de satisfaire ces trois derniers besoins… Et plus nous montons dans la pyramide, et plus lʼentrepreneuriat les satisfait pleinement.

Les besoins sociaux peuvent être distingués en 4 catégories : amour, amitié, intimité et appartenance. Lʼentrepreneuriat répond à ce dernier. Entreprendre, cʼest faire partie de cette incroyable communauté de chefs dʼentreprises et créateurs en tout genre qui ont un jour sauté le pas. Appartenir à un groupe aussi soudé et dynamique donne des ailes… Un travail que je qualifierais dʼordinaire nʼaurait pas un tel impact. Appartenir au groupe des employés de la société ? Appartenir au groupe des ingénieurs ? Les sentiments dʼappartenance, dʼentraide et de soutien nʼy sont pas aussi forts.

Le besoin dʼestime passe par la confiance, le respect des autres et lʼestime personnelle. Lʼentrepreneuriat répond à tous ces besoins. La confiance, comme lʼestime personnelle, sont tous deux acquis à travers les projets de création que nous entreprenons. Créer, et à fortiori créer quelque chose qui fonctionne et qui sert, donne de la confiance, et augmente notre estime de nous. De la même manière, le respect des autres sʼacquière en même temps que notre projet de création inspire le respect.

Enfin, les besoins dʼaccomplissements personnels sont à priori pleinement satisfaits par lʼentrepreneuriat. La créativité, qui est une des facettes de ce besoin, est le pilier central de lʼentrepreneuriat. La résolution de problèmes, qui est également une facette, se présente naturellement à nous. Beaucoup dʼentrepreneurs se disent comblés dʼun point de vue personnel depuis quʼils ont décidé de se lancer, alors que ces mêmes entrepreneurs étaient frustrés dans leur ancien travail.

Tous ces détails démontrent bien que la pyramide des besoins de Maslow peut être satisfaite par les différentes facettes de lʼentrepreneuriat.

Je me permettrai juste d’ajouter que pour ceux d’entre nous en quête de ce qu’est une « vie réussie », ce chemin n’est certainement pas dénué d’intérêt…

Crédits photographiques ici.

Eloge de l’impatience

Aujourd’hui, je vous propose d’aborder la patience. Pourquoi ? Parce que qu’à force qu’on m’en dise dépourvu, j’ai voulu me pencher plus précisément sur la question.

Qu’entend-on par patience ? Là réside déjà une bonne part du problème. En première approche, je considère qu’il y en a deux types : la patience-simple, et la patience-persévérance.

La patience est la capacité que l’on a à se maîtriser quand le cours des choses fait que l’on doit attendre. Et si l’on prend le temps de faire quelques recherches, on se rendra vite compte que c’est une qualité prisée par le sens commun et les religions. Certes.

En même temps ce que je constate, c’est que souvent on me conseille d’être « patient » quand la tournure des évènements me déplaît. Alors là non, patient je ne serai pas !

Si j’ai distingué deux types de patience plus haut, c’est qu’il y en a une active, l’autre passive.

La patience « simple », passive, est celle qu’on est contraint d’avoir lors d’une grève SNCF (exemple purement fortuit…). Là oui, prendre son mal en patience (j’entends faire connaissance avec d’autres naufragéEs de ladite grève), on n’a guère le choix.

Par contre, quand il s’agit de sa situation générale, quand on n’est pas heureux de sa condition actuelle, là non cette patience m’insupporte. Ça revient à accepter son sort, « en attendant que ça aille mieux ». Et puis quoi encore ?

La patience peut dans ce cas se concevoir comme une attente active, une patience persévérance. C’est viser une amélioration, et remuer Ciel et Terre s’il le faut pour y arriver. C’est refuser de se conformer à ce qui paraît inéluctable, c’est arrêter d’être spectateur de sa vie pour en devenir acteur. Cesser d’exister pour commencer à vivre.

Et si cela s’appelle impatience, alors mes amis soyons impatients, nous avons toute la mort devant nous pour apprendre à être patients.

Crédits photographiques ici.

BlackBerry Bold 9700 vs. iPhone 3G, mon avis

Chers tous, aujourd’hui je vous propose un article qui sort un peu de ma ligne éditoriale. Il sera question ici de mon avis concernant mon switch de l’iPhone vers un Bold 9700. Comme on m’a demandé assez fréquemment mon avis ces dernières semaines, je me suis dit que je pouvais le partager ici.

Alors un point de contexte, pour que vous sachiez d’où je parle. Je suis un mac user convaincu depuis 4 ans environ, et j’ai eu le premier iPhone lors de sa sortie puis le 3G quand Orange l’a proposé. Mes études en témoignant, je suis un peu un g33k à mes heures aussi.

Mon utilisation est principalement : voix, sms, mails (beaucoup, et sur plusieurs comptes), musique (via casque BlueTooth) et Facebook.

J’ai eu une très bonne expérience utilisateur de l’iPhone pendant plus de 2 ans donc, et d’un point de vue technique, les différences sont mineures avec le Bold. (Meilleur APN, plus d’autonomie, mais la mémoire se fait par micro SD). Les différences sont plus à voir dans la philosophie d’utilisation que dans la technique à mon avis.

L’iPhone est fun, facile à utiliser, assez orienté multimédia. Il y a des petites animations, des application à télécharger à la pelle, pas (encore) de support du multitasking pour les applications tierces. A l’opposé, le BB sera orienté efficacité. Il y a un écran d’accueil qui récapitule les activités, ainsi que des accès rapides à ce que l’on veut (la première ligne du menu principal en fait).

Si vous voulez, le BB est orienté efficacité, quand l’iPhone est plus fun à utiliser. Quand on ouvre l’application Mail sur iPhone, il lui faut 3 ou 4 secondes pour s’ouvrir. C’est peu, mais si on le fait 25, 50 fois dans la journée, dont souvent en réunion, c’est fatiguant. Surtout que les boîtes mails sont séparées. Idem pour l’application SMS. Sur le 9700, c’est instantané. On sélectionne la boîte de réception unique (pour tous les comptes mails, sms, mms, BlackBerry Messenger), et on y est tout de suite.

Par ailleurs, il est possible d’avoir du push e-mail sur 10 comptes (pour les clients grand-public, dits BIS dans le jargon), même sur des comptes exotiques. Mais la navigation internet est d’un autre âge, surtout par rapport à l’iPhone. Certes, quand on prend le temps, avec Opera Mini, on s’en sort, mais c’est lent et à côté de Safari pour iPhone, c’est un peu une supercinq contre une A5.

Certes il n’y a pas d’écran tactile, mais par contre un vrai clavier. Dans mon expérience, je tape aussi vite sur l’un que sur l’autre. Il est à noter que si l’écran du 9700 est plus petit, il présente la même résolution que celui de l’iPhone.

Pour résumer, voici un récapitulatif :

– je trouve les mails et sms plus rapides sur BB : on sélectionne et c’est ouvert, il n’y a pas 4 ou 5 secondes d’attente pour que l’appli s’affiche (pour le clavier à mon goût c’est du pareil au même en rapidité)
– diode pour les activités, sympa en réunion pour voir si il y a un mail sans avoir recours au vibreur
– autonomie au moins deux fois plus longue (toujours dans mon utilisation!)
– push mail même sur des comptes plus ou moins ‘exotiques’
– musique en BT STABLE, et le profil BT télécommande est implémenté en entier (sur l’iPhone ils ont laissé tomber précédent/suivant…)
– beaucoup de réglages
par contre :
– le navigateur est d’un autre âge
– certaines applis sont lentes (hypothèse perso : le Java sur un OS mobile c’est pas une bonne idée?)
– beaucoup de réglages
– pas d’appli SNCF ou Figaro…

Quelques photos pour la route, suivies de deux pubs : la première de BB, puis la réponse d’Apple…

En guest chez Bastien Siebman

C’est avec un grand plaisir que j’ai accepté l’invitation de Bastien le 20 février dernier pour écrire un article pour son blog, qui traite principalement d’entrepreneuriat, d’innovation et du web.

Aussi je vous invite à aller y jeter un oeil !

http://www.siebmanb.com/blog/la-prise-de-risques-une-obligation-pour-tout-entrepreneur/

Une brève étude de la causalité

Mes premiers feedbacks sur ces carnets indiquent que si le sujet plaît, la longueur ou le vocable de mes articles peut freiner. Je remercie mes premiers lecteurs pour ces conseils! N’hésitez pas à me contacter pour me faire part de vos remarques!

Voici donc mon premier article dans un style que j’espère plus efficace. Il va donc être ici de la causalité, du déterminisme, et du principe de liberté. Je ne fais ici qu’expliquer, ces idées proviennent principalement de la deuxième antinomie de la raison dans la Critique de la raison pure, si le coeur vous en dit …

De temps à autres, on rencontre des personnes qui nous disent que le libre arbitre n’existe pas, que nous sommes entièrement déterminés par notre éducation, notre famille, notre classe sociale, nos gènes, et cetera… Dans la plupart des cas, leur raisonnement est de prendre un phénomène, et d’en chercher la cause. Mais cette cause est elle-même effet d’une autre cause, qui elle-même est effet, et ainsi de suite.

On obtient donc une chaîne infinie de causes et d’effets, qui constitue les fondements de leur déterminisme.

Penchons-nous sur cette chaîne infinie. Deux hypothèses s’offrent à nous :

  1. On la termine avec une cause première, ou une cause d’elle-même (on peut l’appeler ‘Dieu’ à l’occasion). Mais en posant une cause qui elle n’a pas elle-même de cause, on casse notre beau principe de causalité! On introduit un phénomène qui ne cadre pas avec la méthode. Bref, pour faire court, ça marche pas.
  2. On ne termine pas cette chaîne. Oui, mais dans ce cas là, toute explication est incomplète, et notre principe explicatif porte une tare intrinsèque. Et ça ne marche pas non plus.

(en épistémologie, on dira que de telles théories ne sont pas falsifiables.)
Ce qu’on montre ici, c’est qu’on atteint avec ce type de ‘raisonnements’ les limites de ce que la raison peut appréhender. Le principe de déterminisme, on ne peut pas le démontrer, ce n’est pas possible, c’est une idée qui n’est pas dans la sphère de la raison, à la limite peut-elle se trouver du côté de la croyance.

Et c’est pour cela que par défaut si je puis dire, on posera l’hypothèse de liberté.

Comment les jugements synthétiques a priori sont-ils possibles?

Je vais à présent aborder un sujet qui me paraît intéressant, en particulier pour les scientifiques parmi nous. L’objectif de cet article est de mettre en perspective la question que se pose Kant quand il écrit La critique de la raison pure, afin de montrer en particulier comment ce concept doit interpeller les scientifiques, finalement épistémologues.

Ce travail est très ambitieux, ce qui le rend intéressant. Néanmoins, j’écris ici avec beaucoup d’humilité : si un lecteur pense que je fais erreur, je l’incite grandement soit à commenter l’article, soit à m’écrire directement.

Le vif du sujet.

Cette question est difficile d’accès en premier abord car le vocabulaire employé est abstrait. Je propose donc de commencer par déblayer le terrain de ce côté. Jugement est ici entendu au sens logique. Un jugement est l’action d’associer un prédicat à un sujet, exemple : Toutes les Audi sont belles. Les sujet ici est toutes les Audi, le prédicat est belles. Emettre un jugement, c’est donc associer un prédicat et un sujet. D’ailleurs, les connecteurs que l’on utilise pour ce faire, Kant les appelle fonctions de synthèse (en grec, synthèse signifie ‘poser ensemble’), comme par exemple la causalité. (Ces connecteurs feront certainement l’objet d’un prochain article, sur les catégories de l’entendement.)

Synthétiques. Bien que cela occasionne d’innombrables débats, on peut considérer qu’il existe deux catégories de jugements : analytiques, ou bien synthétiques. Un jugement est analytique si le concept du prédicat est déjà inclus dans le concept du sujet : Une Audi est belle. (Un cercle est rond.) Pour faire simple, c’est un jugement qui explicite, mais n’apporte rien. A contrario, un jugement de synthèse apporte une information : L’Audi est rouge. Le concept ‘rouge’ n’est pas compris dans le concept ‘Audi’.

En quoi cela concerne-t-il la science? Toujours en cherchant à faire simple, la science vise à comprendre le monde. Cependant, notamment depuis Galilée, on considère que cette science n’est pas immanente au monde (n’est pas incluse dans le monde). Le monde ne possède pas d’ordre intrinsèquement, c’est l’homme (le scientifique) qui en le regardant y applique un ordre, cherche à établir des liens entre des phénomènes. Je n’ai pas besoin d’en dire plus ici, ce que je souhaite en retenir est que la science consiste finalement à émettre des jugements synthétiques.

…et a priori alors?

Si vous m’avez suivi jusque là je suis fier de moi, mon article n’est pas si obscure que cela… mais il est vrai que j’ai omis une partie de la question. Là ça va devenir plus théorique, mais c’est tout aussi important. Pourquoi avons-nous besoin que ces jugements soient a piori, c’est à dire qu’ils ne découlent pas de l’expérience (i.e. a posteriori)?

C’est vrai dans le fond, on pourrait tout à fait imaginer bâtir une science a posteriori (sur l’expérience). Je constate 50 fois que l’eau bout à 100°C (en gros…), je peux donc dire « l’eau bout à 100°C ». Cependant, un David Hume,  dont Kant dira qu’il l’a sorti de sa torpeur philosophique, a mené une étude sur ce type de raisonnement, appelé raisonnement par induction. Reprenons mon exemple, à l’issue de cette étude, je n’ai finalement rien montré quand je dis que l’eau bout à 100°C. En gros ça marche, mais on ne l’a pas montré. Si j’affirme cette assertion, en dernier ressort cela fait appel à de la croyance, je crois que si je refais l’expérience, l’eau bouillira encore à 100°C. Une croyance, ce n’est pas un méthode scientifique! D’où le fait qu’Hume considère que la science est une forme de religion.

Kant veut donc ici fonder la science proprement. Il n’est pas non plus pour tout faire a priori, comme la physique de Descartes, qui est a priori mais entièrement fausse. A partir de cette étude de Hume cependant, on voit bien que la science a besoin d’un élément d’a priori dans sa méthode, si elle veut être cohérente avec son objectif. Imaginez une partie d’échecs : vous la regardez, vous voyez les mouvements des différentes pièces. Mais pour le comprendre, vous devez concevoir des règles (Kant dit « par réflexion »). Ces règles vous pouvez les écrire, mais vous ne les voyez pas. Vous pouvez bien sûr les confronter à l’expérience, vous les avez ‘intuitées’ par l’expérience, mais le jugement logique que vous prononcer par ces règle lui est a priori (de par sa nature même). Vous avez appliqué des fonctions de synthèse (connecteurs) évoqués précédemment pour y parvenir.

Me voilà arrivé au bout de ce propos. J’espère vous avoir montré ici pourquoi cette question, au delà de son côté « jargonique », est très profonde et finalement encore très actuelle, pour qui cherche à établir de la connaissance.