Pourquoi (malgré tout) je reste à l’UMP

Chers tous,

Beaucoup d’entre vous le savent, je l’ai dit assez souvent, je suis un militant UMP (*). Suite aux évènements de ces derniers jours, où on se rapproche toujours plus d’un remake de Dallas, on m’a demandé à de nombreuses reprises ce que j’en pensais. Et surtout si je confirmais mon engagement.

Je dois vous avouer que j’ai douté et ai sérieusement envisagé de partir. Cette lutte est ridicule, car la présidence du parti n’implique plus d’être le candidat à la présidentielle. Et ce n’est pas en revotant qu’on fera disparaître les différences. Par ailleurs je rajouterai que pour moi en particulier, mon adhésion à l’UMP n’est pas exempte de jugement critique.
Pour la faire courte, je me considère proche des courants « libéraux classiques » (vs. libéraux utilitaristes). Sauf qu’en France, les libéraux, dans la tradition Tocqueville/Bastiat/Smith/Hayek (…Friedrich, pas Salma), sont une espèce en voie d’extinction. Sans compter qu’appartenant désormais à la Fédération des français établis hors de France, le militantisme au jour le jour est un concept pour le moins abstrait.

Alors pourquoi rester à l’UMP?
Pour le principe (et la rhétorique) je commencerai par répondre qu’on ne quitte pas une organisation parce qu’elle est en difficulté. Enfin on peut, mais ça s’appelle de la lâcheté.
Si on rentre plus dans le détail, la guerre des Roses qui est en train de se rejouer ne change pas fondamentalement la donne politique. La gauche au sens large, c’est à dire du PS jusqu’aux différents extrêmes (PC, Verts) concentre pour la première fois de la Ve République tous les pouvoirs. Cette coalition ne semble pas mesurer l’envergure des défis auxquels elle doit faire face. Elle se concentre sur son image, son image de normalité. Franchement, normal ou pas, je n’en ai personnellement RIEN A SECOUER, du moment que le travail est fait, ça me suffit. Le gouvernement, malgré sa concentration des pouvoirs, produit des textes obscurs, mal pensés, mal calibrés, et ne parvient même pas à les faire passer, que ce soit par erreur de procédure ou à cause de leur majorité aléatoire au Sénat. Si les membres du gouvernement eux-mêmes n’ont que peu d’expérience, l’armée de conseillers en tous genres devrait pourtant pouvoir parer ce genre de problèmes!
Vu de l’étranger ce n’est pas beaucoup mieux. On retient les 59% du PIB en dépenses publiques. L’économie presque planifiée (les déclaration fracassantes de notre ministre du redressement productif n’aident en rien). Le fait que l’Etat fonctionne grâce à la dette. Dette que ma génération devra payer (merci by the way). Mais surtout, et je parle car ce milieu est mon environnement professionnel, la France c’est le pays hostile à l’entrepreneuriat, et à l’enrichissement. Pourtant je crois sincèrement que nous aurions toutes les cartes en main : infrastructures, formation, et une certaine fierté française qui pourrait faire des étincelles. (J’ai notamment à l’esprit deux exemples courageux de création de start-ups en France.)

L’UMP ne propose pas de solution parfaite à tous ces défis. Et comme je l’ai dit, étant un « vrai » libéral (ce que le commun des mortels a tendance à appeler un ultra-libéral… mais pour aujourd’hui ça passe), il y a des jours où je me sens seul. Cependant l’UMP est une Union, une union de différentes sensibilités. A l’UMP, nous n’avons pas de doctrine, de description d’un monde parfait, comme c’est par exemple le cas pour le socialisme. Nous avons des valeurs, auxquelles nous croyons, et dont on espère qu’elles peuvent nous mener vers un monde meilleur. Et c’est une force. Nous pouvons échanger entre nous. J’ai par exemple pris un grand plaisir à discuter et travailler lors de sa campagne avec Cécilia Durieu, même si sur de nombreux sujets nous n’étions pas d’accord. J’ai appris de ses positions.

Alors voilà pourquoi je reste à l’UMP. C’est un parti imparfait, avec dirigeants imparfaits, particulièrement doués ces derniers jours pour foutre le bordel créer de l’entropie. Mais c’est un parti vivant. C’est un parti où on discute. C’est un parti où parfois on s’en envoie plein la tête. Mais c’est un parti libre. C’est le parti intransigeant sur la liberté, et avant toute chose sur la liberté individuelle. Ceci n’est pas près de changer. Et donc, even if it’s gonna be a rough ride, je reste.

 

* pour ceux que les détails intéressent :
Fédération des français de l’étranger – section Allemagne, membre des jeunes actifs de l’UMP (ancien jeune pop, ancien membre des jeunes actifs 38, ancien membre des fédérations 44 et 38)
directeur de la communication pour Jean-Claude Peyrin sur la 1e circonscription de l’Isère lors des élections de 2012.

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