Engineers are meant to be artists

Dear all,

This is a translation of the post in French (Parce que les ingénieurs sont des artistes). I think some non-French-speaking people might want to have a look at it… or at least I hope so!

At last, I publish a new article. It is not that easy to keep a blog alive, to write a post worth reading. Though I am very involved otherwise, especially in politics, this is not the only reason. I have been experimenting a quite strong dry spell for the last few months, and it brought me to do some introspection.

My aim when writing these lines is to share an « epiphany » that I had. You may know it (or not), I am currently finishing up my studies as an engineer (French understanding, MSc for the rest of the world). You may know it (or not), I had the chance to work for four months last year at dw capital, a start up incubator/VC in Cologne. On my last day, I was offered a few gifts. Among them, there was a book « 55 Gründe, Inegnieur zu werden« , the 55 reasons to become an engineer. It was offered to me because after spending on year in a business school, I was to return to my engineering Grande Ecole.

In October 2011, I opened this book, and began to read it. The author first presents his joy as being an engineer, and then lists these 55 reasons. All of them are worth reading. But my so-called « epiphany », is reason #1.

« …weil Ingenieure Künstler sind » — « …because engineers are artists »

Shock #1 : I am in the last year of my MSc. I have wanted to become an engineer since I was 8, in embedded systems since I was 15. It is a call. An it never, never occurred to me, though it was pretty much obvious.

Shock #2 : it happened because of being shocked. My father is an engineer, my mother is an artist. If one person could have connected the dots, it should have been me!

Theodore von Karman, a famous engineer, put it this way :

A scientist discovers that which exists. An engineer creates that which never was.

This is the essence of it. Being engineer, is creating. Creating, is what defines an artist.

Since then, I see more what Steve Jobs meant when he talked about Apple being at the crossroad of technology and humanities. A meeting point is already an interesting place, and this one especially, because they are places where creation happens. On the same idea, I understand more what Tim Cook meant with his « cross-fertilization ».

To conclude on the analysis side, I think that the archetype of the engineer should be Leonardo da Vinci. Able to conceive machinery, conduct research, design, and paint. An engineer has to be creative.

Don’t get me wrong, I am not saying that everyone can be Leonardo, me included. But I strongly believe that the engineer should be conscious of this. The day after reading this, I asked around about it, and for most of them it seemed to be meaningless. Now it can very well be that I am a bit wacko. And I do not pretend to hold the absolute truth.

What I am describing certainly dates back to the end of the Renaissance, at the beginning of humanism. It was at that time that modern science was born. And this was without a doubt a huge step forward for science. For engineering too, but as this work is not only scientific, and open on the world, it should be embraced in a more holistic way. After all, even Newton, who is usually considered to be one of the father of modern science, was also very prolific in not-so-scientific areas.

To conclude on this post, I am going to mention two consequences that I feel.

The first on if about the whole start up world, where maybe more than anywhere else artists-engineers are needed, to envision not only new solutions, but also completely new sectors.
A correlated point is that stereotypes have to be handled with caution. I am in a computer science university, I see clearly what appears often on people’s face when « computer » is said. We must not let this stereotype hinder our minds. These people, eager to judge, probably enjoy checking their Facebook updates from their smartphone.

The second consequence is related to engineering studies in France. I am not aiming at criticizing the whole system, system of which I am a product, and which I think is pretty good overall. When I see something I don’t like I tend not to separate myself from the whole, but to stick with it and try to bring my two cents. The purely scientific part of the teachings is really great. But I am wondering if, especially at the end, it wouldn’t be a good idea to give more room to personal initiative. Now I say this cautiously, because I am talking about personal initiative, and I am the first to want less « system ».

This is the end of this post. For me it is a risk, but I really wanted to share this thought. If you are reading this and you happen to be an engineer, please indulgent, I am still a rookie. You may think I am reinventing the wheel, and it may be true. You may think that I am overreacting, and I won’t agree with you, though I am perfectly fine with different opinions. But if for at least one person, it opens new possibility, I shall consider my work done.

Thank you for taking the time to read this, and feel free to comment.

I want to thank dw capital for offering me this book, and showing me the way.

Photography by Luc Viatour (CC BY-SA 3.0)

Parce que les ingénieurs sont des artistes

Chers tous,

Enfin, enfin, voici un nouvel article. Ce n’est pas tous les jours simple de tenir un blog, rédiger un article qui vaille la peine d’être lu nécessite un certain travail. Mes nombreux investissements personnels, notamment en politique me prennent certes beaucoup de temps, mais ce n’est pas tout. Depuis plusieurs mois, je vis le « traumatisme de la page blanche », dans une déclinaison assez forte. Et cela m’a mené à faire un peu d’introspection.

Si j’écris cet article, c’est pour partager une « révélation » que j’ai eue. Vous le savez peut-être (ou non), je termine une formation d’ingénieur. Vous le savez peut-être (ou non), j’ai eu la chance de travailler quatre mois l’année dernière à Cologne, chez dw capital, un incubateur de start-ups. Le jour de mon départ, un certain nombre de cadeaux m’ont été offerts. Parmi eux se trouvait un livre, « 55 Gründe Ingenieur zu werden« , les 55 raisons de devenir ingénieur. Il m’a été offert parce qu’après être allé pendant un an en business school, j’allais retrouver les bancs de mon école d’ingénieur.

En octobre 2011, j’ai ouvert ce livre, et ai commencé à le lire. L’auteur présente en introduction sa joie d’être ingénieur, puis liste les fameuses 55 raisons. Elles sont intéressantes, toutes. Mais cette « révélation » dont je parlais, c’est la raison n°1.

« …weil Ingenieure Künstler sind » — « …parce que les ingénieurs sont des artistes ».

Choc #1 : je suis en dernière année d’école. J’ai voulu devenir ingénieur depuis mes 8 ans, et en systèmes embarqués depuis mes 15 ans. C’est une vocation. Et jamais — jamais — je n’avais réalisé cela alors que c’était évident.
Choc #2 : s’est produit quand j’ai réalisé avoir été choqué par cette raison. Mon père est ingénieur, ma mère est artiste. S’il y a une personne qui aurait dû faire le lien facilement, c’est bien moi!

Theodore von Karman, un ingénieur notable du XXe siècle, a résumé cela en une formule :

A scientist discovers that which exists. An engineer creates that which never was.

Voilà l’essence de la chose. Être ingénieur c’est créer. Créer, c’est ce qui définit un artiste.

Depuis lors, je suis d’autant plus sensible à ce que disait Steve Jobs, qui voulait qu’Apple soit au croisement de la technologie et des sciences humains. Car un lieu de rencontre en général, et celui-ci en particulier, est un lieu de création. De la même manière, je comprends l’idée de « cross-fertilisation » mentionnée par Tim Cook.

Pour conclure cette partie analyse, je crois que l’archétype de l’ingénieur doit être, et est pour moi, Léonard de Vinci. Capable d’imaginer des machines, de conduire des recherches, de dessiner, de peindre. L’ingénieur doit être un créatif.

Maintenant je ne crois pas que tout le monde puisse être Léonard, à commencer par moi. Mais je crois que l’ingénieur devrait avoir un minimum conscience de cet état de fait. Le lendemain de cette lecture, j’ai interrogé quelques personnes, et pour la plupart cela était peu signifiant. Et il se peut tout à fait que je sois un illuminé. Et je ne prétends pas non plus détenir la vérité.

Ce que je décris vient certainement de la fin de la Renaissance, avec le début de l’humanisme. C’est à cette époque que la science au sens moderne commence. Et pour la science c’est certainement une très bonne chose! Pour l’ingénieur aussi, mais comme son métier n’est pas uniquement scientifique, en étant ouvert sur le monde, il faut l’embrasser de manière plus holistique.  Après tout, même Newton, souvent considéré comme étant le père de la science moderne, était versé dans des domaines que l’on pourra juger fort peu « scientifiques ».

Pour conclure, je vais mentionner deux conséquences que j’entrevois.

La première concerne le domaine des start-ups, où peut-être plus qu’ailleurs il faut des artistes-ingénieurs, pour imaginer de nouvelles solutions, mais aussi de nouveaux secteurs.
Le corollaire de ce point est qu’il faut se méfier des stéréotypes. Je suis dans une école d’ingénierie informatique, et je vois bien le visage des gens quand la formule « ingénieur informaticien » est prononcée. Il ne faut pas se laisser polluer par ce stéréotype. Ces gens prompts à juger sont par ailleurs certainement très heureux de pouvoir aller sur Facebook depuis leur smartphone.

La seconde conséquence concerne les études d’ingénieurs. Je ne veux pas me lancer dans une critique généralisée du système. Système dont je suis un produit et auquel j’adhère pour la majeure partie. Je préfère ne pas me désolidariser quand je vois quelque chose à améliorer, mais rester et faire mon possible pour apporter ma pierre à l’édifice. La formation scientifique est, à mon humble avis, excellente. Mais je me demande s’il ne serait pas judicieux de donner une part plus importante à l’initiative personnelle, surtout à la fin des études. Sur ce point j’avancerai avec beaucoup de prudence, car je parle bien d’initiative personnelle, et je suis le premier à dire vouloir moins de système et plus d’individuel.

J’en viens à la fin de ce propos. Pour moi il représente un risque, mais je tenais à partager cette idée. Si vous lisez ceci et que vous êtes ingénieur, s’il vous plaît soyez indulgent envers le néophyte que je suis. Vous penserez peut-être que je réinvente le fil à couper le beurre. C’est tout à fait possible. Vous penserez peut-être que j’en fait des tas pour fort peu de choses, que tout ceci est bien superflu. Nous ne serons pas d’accord, et cela ne me froisse pas, chacun a le droit à son opinion. Mais si pour au moins une personne, cela écarte des oeillères autant que cela a été le cas pour moi, alors je jugerai mon travail accompli.

Merci de m’avoir lu, et n’hésitez pas à vous exprimer via les commentaires.

PS.: Merci à dw capital pour ce livre, et pour m’avoir grandement mis sur la voie.

Crédits photographiques : L’homme de Vitruve, par ce brave Léonard, et pris en photo par Luc Viatour (CC BY-SA 3.0)

Lettre ouverte à MM. Le Guen, Montebourg, et Todd

MM. Le Guen, Montebourg, Todd,

 

Je vous écris suite aux propos que vous avez tenu au début de ce mois, à propos de l’Allemagne. Respectivement, vous avez comparé M. Sarkozy à « Dalladier à Munich », avez parlé d’une « politique à la Bismarck », voire de « l’ivresse de puissance ». En tant qu’européen d’idées et de faits, et en tant qu’humaniste, vous me forcez à sortir de ma réserve.

Si vous cherchez à me cartographier d’un point de vue politique, effectivement je suis un sympathisant UMP. Mais messieurs, cela n’est pas pertinent ici. J’ai une haute idée de la chose politique. C’est pour moi par là que passe le progrès, et par là que beaucoup de possibles sont créés. Et messieurs je me réjouis de pouvoir vous écouter. Certes nous ne sommes pas d’accord sur beaucoup de choses, mais je ne prétends pas détenir la vérité universelle. Comme le disait St-Exupéry, « si tu diffères de moi, loin de me léser, mon frère, tu m’enrichis ». La politique commence par un échange d’idées. Vous me direz que je suis idéaliste – en vérité je le revendique.

Mais messieurs par vos propos vous êtes allés trop loin. Peut-être vos mots ont-ils dépassé vos pensées, peut-être était-ce réfléchis. Je ne vais pas chercher à faire des suppositions sur ce point. Au niveau auquel vous évoluez, et vue l’audience à laquelle vous avez accès, quelles qu’en soient les causes, de tels mots ne sont pas acceptables. Pourquoi?

Messieurs, si je regarde l’histoire de ces 150 dernières années, je vois que la France et l’Allemagne ont été en guerre trois fois. Je vois que ceci a détruit notre continent trois fois. Et que certaines des pires atrocités qu’a connu l’humanité ont trouvé leur origine dans ces conflits. A la fin des guerres de 70 et 14, les germes de la suivante existaient dans le ressentiment résiduel.
Les relations que nous entretenons avec l’Allemagne depuis la fin de la Guerre sont quelque chose que nous devons chérir par dessus tout. Le temps passant, la reconstruction se faisant, nous avons laissé ce ressentiment de côté. Mais messieurs, on ne met pas fin à un cycle plusieurs fois centenaire en 60 ans, et la paix n’est pas automatique.

Messieurs, je dois aussi vous dire que je suis un métis. Je suis en partie d’origine allemande, en partie d’origine française. Aussi la xénophobie anti-allemande, j’ai à ma disposition de nombreuses histoires de famille pour l’illustrer. Actuellement, le métissage n’est plus une tare. S’il vous plaît, ne faîtes pas en sorte que par des propos visant à exciter les esprit, vous ne défaisiez de progrès.

Messieurs, s’il y a une constante dans les crises passées, c’est que pour ne pas s’en sortir il faut se désunir. Les temps nous mettent face à une adversité avec peu de précédents. Soyons tous à la hauteur de ces épreuves. Pas en cherchant à être d’accord sur tout, mais en faisant de la politique avec respect, maîtrise, et en regardant l’avenir.

Messieurs, j’en ai fini avec cette lettre. Demain vous figurerez toujours dans les personnes écoutées de ce pays, et je serai toujours dans la majorité silencieuse. Mais si d’aventure vous passiez ici, et si vous lisiez ceci, j’espère que vous réaliserez à quel point ce type de sorties n’est pas acceptable.

Dans le cas contraire, et parce que je serai fidèle à mes idéaux humanistes, vous trouverez en moi un farouche opposant.

Sincères salutations,
André Rudolf Benoit

A propos de la psychanalyse

Chers tous,

Suite à mon dernier article sur le critère de Popper, on m’a parlé à plusieurs reprises de l’exemple que je donne à propos de la psychanalyse, et on m’a demandé à plusieurs reprises d’être plus explicite dans mon avis.
Ce sera l’objet de ce court article. Attention, il s’agit de mon avis, dont je n’ai nullement la prétention de dire qu’il correspond à une Vérité.

(Avant toute chose, pour comprendre ce que je m’apprête à dire, je considère que vous avez lu mon propos concernant le critère de Popper.)

Un point sur lequel je ne transige pas est que je ne considère pas la psychanalyse comme une science. Le critère de Popper n’est pas qu’un simple jeu de l’esprit, il permet de détecter des pièges de la raison.
En plus de cela, la psychanalyse me dérange en ce qu’elle prétend tout expliquer. Le sujet est déterminé par son enfance, son milieu, sa famille, son histoire personnelle. La ligne est très fine, qui délimite cette pensée d’un déterminisme absolu. (A ce jeu on pourrait essayer de trouver les raisons qui font que j’écris cet article!) Pour ceux qui veulent s’amuser, il me semble que Kant traite du problème dans la troisième antinomie de la raison, dans la Critique de la raison pure. Personnellement, je suis du côté du libre-arbitre.

Cependant, j’essaie de ne pas être plus obtus que nécessaire, et je constate bien que la psychanalyse aide des personnes, et présente des concepts intéressants. (Preuve de l’intérêt que j’y porte, j’en lis l’Introduction.)

Mon avis, est qu’il s’agit d’un outil, et en aucun cas d’une science, qui, lorsqu’il est utilisé avec précautions et savoir-faire, peut-être utile.

Par ailleurs, et du moment que je vous ai sous la main, j’ai bien compris que ce blog n’est pas très actif actuellement… et je vous présente mes excuses pour cela!
Sachez cependant que je travaille à sa continuation, pour présenter des articles qui valent la peine d’être lus. Les outils Google Analytics montrent que les articles qui marchent le mieux sont ceux où j’essaie d’expliquer des idées assez techniques au premier abord. Or ceci nécessite un certain temps… Mais bon, je suis en pleine brasse coulée dans les Critiques de Kant, donc je devrais pouvoir recommencer à écrire des articles utiles (pas comme celui la..) d’ici peu!

La bise à tous (à toutes surtout)

Concours Rotary/CGE – Du fondement d’une éthique professionnelle

J’ai récemment participé au concours d’éthique professionnelle organisé par le Rotary et la CGE. Voici l’essai qui m’a permis de remporter la troisième place dans le district de Grenoble.

Vous pouvez me contacter par mail à andre @ andrebenoit.com si vous souhaitez en obtenir une version imprimable.

Creative Commons License
Du fondement d’une éthique professionnelle by André BENOIT est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l’Identique 2.0 France.

Voici l’intégralité de l’essai.

Références
Critique de la raison pratique, Emmanuel KANT
Philosophie du temps présent, Luc FERRY
philosophie portant sur le monde de la technique vue par Martin HEIDEGGER
Conférence : Le capitalisme est-il moral?, André COMTE-SPONVILLE
Evangile selon Matthieu, 25, 14-30, «parabole des talents»
Critère des quatre questions du Rotary International

Préambule

Avant d’introduire mon propos, je souhaite vous dire quelques mots sur la philosophie, qui sera mon outil principal ici. La philosophie, ce n’est pas l’art de couper les cheveux en quatre sur une série de notions. Elle a une portée beaucoup plus pratique. C’est étudier le monde dans lequel on vit (théorie), ce qu’il est bon d’y faire (éthique), et dans beaucoup de systèmes apparaît une dimension ultime, la question de la vie bonne, du sens de la vie. Pour moi, et c’est la raison de cet avant-propos, philosopher, c’est penser en ayant la tête dans les étoiles et les pieds sur terre.
Parlons à présent du domaine qui nous occupe aujourd’hui, l’éthique professionnelle. C’est un sujet de plus en plus fréquent dans les médias, dans les conversations. Je pense qu’on doit pouvoir faire remonter la discipline à la première révolution industrielle dans ses premières formes, mais c’est surtout dans ces dernières dizaines d’années que ce sujet a pris toute son importance. Et encore plus depuis la crise des subprimes, où beaucoup de questions éthiques se posent concernant l’industrie de la finance, et par ramification et propagation, dans tous les autres secteurs.
De manière très terre à terre, on ne peut que constater l’attente qui existe dans ce domaine. Mais quelque chose que j’ai vu — ou plutôt que je n’ai pas vu — m’a intrigué et a orienté le choix de mon sujet ici. Dans tous les articles que j’ai pu lire à ce propos, la littérature que j’ai trouvée, les reportages que j’ai regardés, la question est toujours proche de quelle éthique choisir. On cherche à fonder (ou découvrir) une éthique en s’intéressant soit à sa finalité (son utilité), soit en en constatant le manque. Ce qui me frappe, c’est de ne pas avoir trouvé d’étude sur la possibilité même de fonder une éthique professionnelle. Pour parler en termes mathématiques, je n’ai pas vu de preuve de l’existence. C’est donc ce que je me propose de faire ici, étudier la possibilité du fondement d’une éthique professionnelle, voir si cette quête n’est pas vaine.
Que cela ne vous inquiète pas non plus, je vous annonce dès à présent (tant pis pour le suspens!) que je vais tenter de montrer le bien-fondé d’une telle éthique. Mais comme je l’ai dit en préambule, pour moi la philosophie est une discipline expérimentale, et je proposerai donc une ébauche tout au plus, ou au moins des pistes pour une telle éthique. Voilà donc l’essence de ce que sera ce propos.
D’abord, nous allons faire le point sur ce qui existe, un state of the art. Ici encore, je vous annonce d’entrée de jeu qu’il y aura là beaucoup de déconstruction. Ensuite, et ce sera le coeur du propos, je vais tenter de mettre en lumière le bien-fondé (c’est à dire la possibilité d’existence) d’une éthique professionnelle. Enfin, pour voir en pratique à quoi tout cela mène, je proposerai une ébauche de cette éthique.
Deux points encore avant que nous ne commencions. Comme présenté dans la bibliographie, je ferai référence à la pensée de Heidegger. Connaissant son implication dans le nazisme, il est bon d’écarter toute possibilité de mal-entendu. Sa pensée sur l’oubli de l’étant est fulgurante, précise, innovante. Mais il a fait le pire choix d’utilisation possible de sa pensée, en s’impliquant avec conviction dans le national-socialisme. Ici il sera donc question d’éléments de la pensée, détachés des choix qu’il a fait par la suite dans sa vie.
Dernier point avant de commencer. Tout mon propos constituera en une grande prise de position. Je vais donc tenter de construire un raisonnement et de vous convaincre de sa pertinence par mes arguments. Mais sachez que même si ma plume s’emporte, je fais ceci avec toute l’humilité qui s’impose à un étudiant lorsqu’il parle du monde professionnel.

Ethique professionnelle et esprit du temps présent

L’éthique professionnelle est un thème que l’on retrouve ouvertement ou en filigrane dans beaucoup de sujets ces dernières dizaines d’années. Mais la crise des subprimes marque une rupture. On veut «refonder le capitalisme», introduire «de la morale dans les affaires». Les pratiques des marchés financiers sont la cible de beaucoup de questions. Par propagation, on s’interroge aussi chez les constructeurs automobiles, chez les opérateurs téléphoniques (plus durement). La question de l’éthique professionnelle est sur le devant de la scène, en partant de l’industrie de la finance. Cela ne me surprend pas. Nous vivons dans le monde de la technique décrit par Heidegger. Nous avons déconstruit les valeurs morales, l’idée même de morale. Il n’y a pas de projet de civilisation, nous avançons par augmentation des moyens. Lors de la première révolution industrielle, le progrès cherchait à libérer l’Homme des contraintes et visait à la recherche d’un bonheur universel. Maintenant, il n’y a plus de «progrès», les techniques s’améliorent en quelque sorte pour elles-mêmes, la «direction» de cela étant finalement juste une augmentation de puissance. Ceci se voit très bien dans les marchés financiers, qui ne poursuivent pas de but, si ce n’est l’augmentation de leur propre efficacité. Avançant dans un tel contexte que l’on qualifiera de déconstruit, il n’est pas surprenant que ce secteur soit à l’origine de beaucoup d’interrogations morales.

Dans cet esprit du temps présent, une autre idée m’interpelle : les entreprises devraient être morales. Et pourquoi pas, aux yeux de la loi ce sont bien des personnes morales ! A mon avis, il s’agit là d’une manière d’éluder la question, de se décharger de sa responsabilité, et je vais vous dire pourquoi. La capacité à avoir un comportement moral est le propre de l’homme. Seul l’homme possède un degré de conscience tel qu’il puisse prendre du recul sur lui-même, au point d’aller contre sa tendance, et agir de manière désintéressée. Les critères moraux n’ont de sens qu’appliqués à l’homme. Quand un chat tue une souris, commet-il une faute morale? Non, cette question n’a pas de sens, le chat n’appartient pas à la sphère morale. L’entreprise en tant qu’entité n’a pas non plus cette conscience, et est mue par nécessité compétitive. Certes on voit du commerce «éthiquable» (sic), du marketing éthique, mais je doute que ce comportement soit désintéressé. Aussi, et comme le montre André Comte-Sponville, l’entreprise (au sens capitaliste) n’appartient pas à la sphère morale. Et il est vain de vouloir moraliser le comportement de l’entité entreprise, cette assertion n’a juste pas de sens.

Ces deux premiers points, le constat d’un manque, et une tentative d’ébauche (même intrinsèquement vouée à l’échec) mettent en exergue la quête d’une éthique professionnelle. Nous avons déconstruit la morale, et vivons presque dans une société par delà le bien et le mal, c’est-à-dire en pratique une société où la puissance (i.e. les moyens) se cherche pour elle-même. Mais finalement cette tendance montre que la société, les hommes cherchent malgré tout un ‘code’ moral… Par ailleurs il me semble utile de noter un dernier point, avant de passer à des considérations plus fondamentales. Le travail, en tant que tel, est déjà une activité moralement valorisante! Dans la Bible, on pensera à la parabole des talents, où les deux ouvriers ayant travaillé, quelles que soient leurs positions, sont récompensés également. On retrouve ce principe dans la philosophie humaniste. Pensez par exemple, dans l’école républicaine, très emprunte de ce courant, à l’appréciation «peut mieux faire».

Notre vie professionnelle prendra une large part de notre vie. Il va donc falloir traiter cette question à bras le corps, ne pas l’éluder. «L’état de l’art» est fait, nous avons maintenant un sens du contexte. Passons à présent aux fondements de l’éthique professionnelle.

Fondement d’une éthique professionnelle

De manière générale qu’est-ce que l’éthique? En première approche, c’est une discipline où on cherche à distinguer ce qui est bien, de ce qui est mal. Certes. Mais c’est répondre un peu vite à la question. Dans les grands systèmes philosophiques, l’éthique se définit toujours comme une correspondance à une théorie. On commence par établir une théorie, qui consiste à établir une vision du monde, une manière de l’appréhender. Puis vient l’éthique, où le bien correspond à l’accord avec cette théorie. Je vais prendre deux exemples, le stoïcisme et l’humanisme. La théorie (majoritaire) grecque est de voir dans le monde un ordre. Le monde comporte intrinsèquement un ordre. Ce qui est bien et juste est donc de trouver sa place dans le monde et de s’y tenir. Cela justifie d’ailleurs la conception aristocratique de la société grecque, ou le fait qu’Ulysse passe dix ans de sa vie à essayer de rentrer chez lui. L’humanisme établit toute sa théorie à partir de l’humain, de l’universalité de ses concepts, et du principe de liberté. Ainsi, comme le dit l’adage, «ma liberté s’arrête là où commence celle de l’Autre», car oui, si on ne le fait pas, on porte atteinte à l’universalité de la liberté, et donc à l’humanité. Je le dis ici rapidement pour me faire comprendre, mais ce qu’il faut retenir de ce point est que l’éthique se pense comme correspondance à une théorie.

Il nous faut maintenant prendre le temps de définir sérieusement ce qu’on entend par éthique professionnelle. Je ne vous propose ce point que maintenant, car je voulais avoir défini l’éthique-correspondance. Comme vu dans la première partie, il existe une nette volonté d’avoir une éthique dans le monde de l’entreprise. Et nous avons vu aussi que des jugements moraux ne peuvent pas être appliqués à l’entreprise. Nous cherchons donc une sorte de code, une série d’impératifs qui pourraient régir notre comportement en entreprise, qui définiraient une conduite morale. Or ceci peut ne pas être évident. L’action morale a jusque là été définie comme étant l’action désintéressée, or si tous les membres d’une entreprise agissent de la sorte pour tout, on peut se douter que ladite entreprise ne ferait pas long feu. Cherchons nous donc un principe de non-intéressement? Ou d’authenticité? D’honnêteté? Un compromis de tout cela?

Souvenons-nous, l’éthique est toujours correspondance. Il nous faudrait donc une vision de l’entreprise, qui permettrait de définir le Bien-professionnel. Cependant, j’ai bien peur que cette réflexion soit menée avec des œillères. D’un point de vue purement logique ceci tient la route (enfin je crois), mais il n’y a pas un monde de l’entreprise d’un côté, et le monde restant de l’autre. J’ai bien peur que rechercher une éthique professionnelle ne soit que la partie émergée de l’iceberg, à savoir la quête morale contemporaine… 
 Ceci étant dit, tâchons de nous recadrer sur notre thème, la possibilité de fonder une éthique professionnelle. La réponse que nous pouvons entrevoir ici est que oui, il est bien possible de la fonder, dans la mesure où nous avons une appréhension du monde source d’éthique de manière générale, et donc professionnelle en particulier. Certes cette éthique sera certainement moins évidente à mettre en oeuvre, à cause du désintéressement notamment, mais il n’est pas vain de s’atteler à la tâche. Essayons-nous d’ailleurs à ébaucher ce qui pourrait constituer une telle base.

Esquisses d’une éthique professionnelle

Il faut donc que nous nous donnions un cadre où penser. C’est peut-être là que l’on prendra le plus de risques de se tromper. En suivant une certaine philosophie du temps présent, nous pourrions choisir un courant dit humaniste post-moderne. Humaniste car nous penserons à partir de l’Homme, post-moderne car nous garderons à l’esprit les critiques nietzschéennes du nihilisme (au sens philosophique), ainsi que l’éthique de l’authenticité.
Notre éthique sera donc humaniste. C’est à mon goût la plus belle, car elle porte en elle un projet civilisationnel. On pensera donc l’éthique à partir de l’Homme, avec des concepts qui nous sont familiers, comme l’adage sur la liberté que j’ai cité auparavant, la valorisation morale du travail en tant que tel. Il est à noter que cette morale n’est pas facile à suivre, et nécessite un effort. C’est pour cela que l’on enseigne la morale aux enfants : un jeune enfant n’a pas ou peu de valeurs morales. C’est par l’éducation des parents, et l’enseignement de l’école, qu’il devient une personne morale, après efforts. Cette morale s’exprime par des impératifs qu’il faut suivre, et on retrouve une forme de code auquel on s’attendait.
Notre éthique sera aussi post-moderne, au sens de l’authenticité. J’entends par là qu’il ne suffira pas de se conformer à des codes, mais vouloir toujours faire le meilleur, accomplir et s’accomplir pleinement — ce qu’on peut appeler justement la morale de l’authenticité.

Concrètement, il se trouve qu’il existe une série de principes largement répandue à travers le monde. Ce ‘code’, c’est le critère des quatre questions adopté par le Rotary en 1943, que chaque rotarien s’engage à respecter lors de son intronisation. Il est donc très à propos d’en parler dans le cadre de ce concours, le Rotary étant un lieu de réflexions sur l’éthique professionnelle!

« En regard de ce que nous pensons, disons, ou faisons :

Est-ce conforme à la vérité ?
Est-ce loyal de part et d’autre ?
Est-ce susceptible de stimuler la bonne volonté réciproque et de créer de meilleures relations amicales ?
Est-ce bénéfique à tous les intéressés ? »

Ces principes correspondent bien à la morale professionnelle dont j’ai tenté de montrer le bien-fondé. Ils sont profondément humanistes, car ils s’appliquent par l’Homme et pour l’Homme, acteur de sa vie (professionnelle). Ils mettent en avant la vérité (ou au moins sa recherche), la confiance, l’Autre, et le bénéfice mutuel. Il me semble que ces principes, simples et courts, résument assez bien ce que l’on est en droit d’attendre d’une conduite morale en entreprise. On pourrait même aller jusqu’à remarquer qu’ils peuvent s’étendre dans une certaine mesure au delà du simple monde professionnel, car comme dit plus haut, il n’y a pas de frontière tranchée entre le monde professionnel et la société en général.

Conclusion – Emergence d’une nouvelle éthique

Vient maintenant le moment de clore ce propos. J’en soulignerai quelques points. Nous avons d’abord vu que la demande pour une éthique professionnelle était réelle, mais que l’entité entreprise était intrinsèquement amorale. Cette éthique s’inscrit finalement dans une éthique plus générale, adapté à la vie professionnelle, et toujours définie par rapport à une vision spécifique du monde. Nous avons terminé en voyant comment esquisser une telle morale dans un cadre humaniste post-moderne, en utilisant le critère des quatre questions.
L’objectif de ce propos était pour le moins ambitieux : vouloir montrer le bien-fondé de l’éthique professionnelle, l’existence d’un sens à cette expression. En finalement peu de mots, j’ai essayé de lever le voile sur la notion d’éthique, appliquée à l’entreprise, dans le temps présent. Bien conscient de n’avoir fait qu’effleurer le sujet, j’espère vous avoir fait partager ma conviction à son propos.
La quête de l’éthique professionnelle n’est pas vaine. Cependant, bien que concernant un secteur d’application donnée, elle ne peut que s’inscrire dans le cadre d’une recherche plus vaste, pour définir une éthique de vie. L’éthique professionnelle n’est pas une éthique d’entreprise, c’est une éthique qu’appliquent les hommes dans leur vie professionnelle.
Nous avons vu au début de ce propos que la quête d’éthique est omniprésente, et on ne peut que constater que si nous avons déconstruit les valeurs morales au XXe siècle, jusqu’à l’idée même de morale, le besoin de morale, lui, existe toujours.

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De la prise de risques

Je vous propose de prendre un instant aujourd’hui pour réfléchir à un sujet connexe à la prise de décision, j’entends la prise de risques.

Quitte à attaquer dans le vif du sujet, commençons par nous l’avouer, si nous sommes tous en théorie d’accord pour dire qu’il « faut savoir prendre des risques », quand le moment vient de se lancer… vous voyez ce que je veux dire.
D’autant plus que le temps présent nous incite à considérer la peur comme une vertu sage — on pensera notamment au sacro-saint principe de précaution (thème que j’ai déjà abordé ici).

Le risque, c’est une possibilité de futur qui ne nous est pas (a priori) favorable, et que l’on cherche à éviter. Ce point, ne devrait pas faire polémique.
« Prendre un risque« , c’est finalement une expression assez paradoxale. Le risque, c’est une occurence d’un futur que l’on ne connait pas par avance. Mais en même temps, ce risque, on le prend. Ce n’est pas on « l’accepte », ou on le « comprend ». Non, on le prend. C’est une action, une appropriation presque, une prise de contrôle en réalité.

Eviter à tout prix de prendre des risques me semble pouvoir s’interpréter comme une rationalisation à l’excès. C’est une sorte de tempérament casanier, où on cherche à rester dans l’acquis, dans ce qui est déjà, ne pouvant pas quantifier avec certitude le gain d’une action.

Tout à l’heure, j’ai parlé de prise de contrôle. Force est de constater qu’on ne contrôle pas l’avenir. Non, la prise de contrôle n’est pas sur l’avenir, mais sur le cours de sa propre vie. Si on ne prend aucun risque, on est finalement comme une voilier à la dérive, soumis aux flots environnants. Et il faut alors se rendre compte « que celui qui ne prend aucun risque, en réalité, les prend tous ». Il renonce au contrôle de son existence.

Prendre des risques nécessite du courage. C’est évident, mais c’est mieux une fois dit. Prendre des risques, ça veut aussi dire échouer. Souvent plus d’une fois. Mais aussi savoir persévérer. C’est un choix, le choix d’être fort, simplement parce qu’on le veut.

Mon propos étant finalement un plaidoyer en bonne et due forme pour la prise de risques, je laisse la parole à Rudyard Kipling pour terminer, maître de la mesure, pour prendre du recul :

« Il faut toujours prendre le maximum de risques avec le maximum de précautions. »

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Eloge de l’impatience

Aujourd’hui, je vous propose d’aborder la patience. Pourquoi ? Parce que qu’à force qu’on m’en dise dépourvu, j’ai voulu me pencher plus précisément sur la question.

Qu’entend-on par patience ? Là réside déjà une bonne part du problème. En première approche, je considère qu’il y en a deux types : la patience-simple, et la patience-persévérance.

La patience est la capacité que l’on a à se maîtriser quand le cours des choses fait que l’on doit attendre. Et si l’on prend le temps de faire quelques recherches, on se rendra vite compte que c’est une qualité prisée par le sens commun et les religions. Certes.

En même temps ce que je constate, c’est que souvent on me conseille d’être « patient » quand la tournure des évènements me déplaît. Alors là non, patient je ne serai pas !

Si j’ai distingué deux types de patience plus haut, c’est qu’il y en a une active, l’autre passive.

La patience « simple », passive, est celle qu’on est contraint d’avoir lors d’une grève SNCF (exemple purement fortuit…). Là oui, prendre son mal en patience (j’entends faire connaissance avec d’autres naufragéEs de ladite grève), on n’a guère le choix.

Par contre, quand il s’agit de sa situation générale, quand on n’est pas heureux de sa condition actuelle, là non cette patience m’insupporte. Ça revient à accepter son sort, « en attendant que ça aille mieux ». Et puis quoi encore ?

La patience peut dans ce cas se concevoir comme une attente active, une patience persévérance. C’est viser une amélioration, et remuer Ciel et Terre s’il le faut pour y arriver. C’est refuser de se conformer à ce qui paraît inéluctable, c’est arrêter d’être spectateur de sa vie pour en devenir acteur. Cesser d’exister pour commencer à vivre.

Et si cela s’appelle impatience, alors mes amis soyons impatients, nous avons toute la mort devant nous pour apprendre à être patients.

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En guest chez Bastien Siebman

C’est avec un grand plaisir que j’ai accepté l’invitation de Bastien le 20 février dernier pour écrire un article pour son blog, qui traite principalement d’entrepreneuriat, d’innovation et du web.

Aussi je vous invite à aller y jeter un oeil !

http://www.siebmanb.com/blog/la-prise-de-risques-une-obligation-pour-tout-entrepreneur/

Voyager avec la SNCF, ce luxe!

Il faut être ami avec la planète, laisser la voiture au garage, être « citoyen », et bla et bla et bla. Certes, mais je trouve que cela revient quand même cher!

Pour ces vacances de la toussaint, j’ai acheté un aller-retour entre Grenoble et Angers. Bon OK, j’ai acheté mon billet 10 jours avant, pour cela je plaide coupable. En même temps, je ne trouve pas ça non plus déraisonnable. Oui j’ai une vie chargée, et je ne sais pas forcément quand je pourrai partir en vacances. Me voilà donc 10 jours avant la date fatidique, armé de patience et de ma carte visa sur le MAGNIFIQUE site voyages-sncf.fr. Aller direct – OK, places – uniquement en 1e mais OK ça me convient. Prix, avec carte 12-25 : 101,-€. Renouvellement de carte 12-25 en prime à 49€. Mais sans la réduction, le billet chiffrait quand même dans les 140€. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve ça cher. Histoire de se faire une idée, direction mappy.com…

km

92,65€ avec péages pour un diesel de taille moyenne. Moi, 101 €, quelqu’un sans carte : presque 150€.

(Tout ça sans compter les 120 bornes que mes parents font pour venir me chercher avec une SP95…)

Je veux bien que cette estimation ne rende pas compte de détails genre assurance ou amortissement de l’engin, ni du plaisir de conduire une représentante de la manufacture de moteurs bavaroise par exemple. Mais bon reste que le trajet en train que la Bien Pensance veut nous faire faire me coûte une P***** de fortune !